Voici un an, on nous disait que la démocratie était en péril. D'un côté Le Pen et le fascisme, de l'autre Chirac et la droite compromise. Qu'avons-nous gagné au change ? Pour faire court, plus de flics et de CRS (pour réprimer durement les manifestations), plus d'armées, plus de prisons, plus de charters de sans papiers, une politique du tout MEDEF, l'abolition de l'Impôt Sur la Fortune, rien pour les travailleurs, le démantèlement de la fonction publique, moins d'écoles, aucunes négociations avec les syndicats et enfin aucunes prises en compte des mouvements sociaux. Qu'est-ce que Le Pen aurait-il pu faire de pire que cela ? Bien entendu je ne dis pas qu'il eut fallu voter pour le président du Front National, loin de là, je dis seulement que Chirac nous a trompé en jouant la carte du sauvetage de la démocratie car lui et son gouvernement sont, force est de le constater, tout sauf démocratiques. Ne pas écouter le peuple, ne pas vouloir négocier avec ses représentants, servir ses intérêts personnels avant ceux de la collectivité relève plus d'une dictature que d'une république. Le pouvoir en France est donc spolié par une minorité de personnes qui n'ont comme seul intérêt de s'enrichir davantage en confisquant de plus en plus et de manière sournoise la parole des citoyens ! Je vous le dit Le Pen n'aurait certes pas fait mieux, mais il aurait été certainement plus facile à combattre. Et comme le dit si bien Xavier Darcos dans la Lettre à tous ceux qui aiment l'école (page 155 pour ceux qui n'ont pas encore jeter le livre) : "Dans une démocratie, sur des problèmes aussi fondamentaux, qui engagent à ce point l'avenir de notre nation (...) c'est au peuple que doit revenir le dernier mot". Heureusement que c'est écrit !!
Mais il y a plus grave encore que cela. A force de ne pas entendre la rue, à force d'ignorer les revendications, à force encore de repousser les alternatives, le gouvernement crée chez toutes celles et tous ceux qui se battent un sentiment de révolte. Une boule prend le ventre, la haine gagne. Non seulement nos politiques ne jouent pas le jeu démocratique mais en plus ils favorisent par leur mépris l'émergence des extrêmes. (…)
La semaine qui vient devrait être l'occasion d'une grande expression générale. Le temps des grandes vacances, moment propice au passage en douceur de toutes les réformes, arrive à grand pas. Le gouvernement le sait et il fera tout pour traîner jusque là ! Nous ne pouvons échouer dans notre entreprise ! Les enjeux sont bien trop importants. Que croyez-vous qu'il adviendra de la réforme de la sécurité sociale prévue dès la rentrée si le gouvernement l'emporte ? Que croyez-vous qu'il adviendra des régimes spéciaux lorsqu'il n'y aura plus que ceux qui en "profitent" pour les défendre ? (…) Ne laissons pas entre les mains de quelques uns qui, et c'est bien là le fond du problème ne jurent que par l'argent et le pouvoir, la destinée de tout un peuple qui croit encore en la fraternité, en la liberté et surtout en l'égalité.
Dès lundi soyons tous ensemble public, privé pour dire NON à cette gigantesque mascarade qui n'a comme seul but de nous priver à terme de nos droits et nos acquis sociaux les plus élémentaires. Ceux-là même que nos grands-parents et parents ont su arracher dans les larmes et le sang ! Les enjeux finaux vont bien au-delà des retraites ou encore de la décentralisation. Il s'agit bien de l'avenir de notre société toute entière et cet avenir dépendra de la mobilisation. (extraits - source Fred SNEP)
