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Grand-messes et gros sous
La bataille pour accueillir les jeux Olympiques de 2012 a commencé. Paris, qui s’est fait souffler l’édition 2008 par Pékin, veut sa revanche. Mais d’autres métropoles se bousculent au portillon, comme Moscou, New York, La Havane ou Rio. De son côté, Marseille, qui veut accueillir la Coupe de l’America en 2006, est en concurrence avec Naples, Lisbonne, Valence et Palma de Majorque. Les grands événements sportifs ont la cote. Il y a trente ans, ces manifestations étaient des gouffres financiers. Montréal, en 1976, a mis des années à se remettre de ses JO. Il a fallu attendre les profits de Los Angeles en1984 pour que les anneaux olympiques retrouvent leur lustre. Ce succès chamboule la perception des événements sportifs: «Avant, c’était les fédérations qui donnaient le la, explique Essar Gabriel, directeur général des Championnats du monde d’athlétisme de Paris. Aujourd’hui, les villes considèrent ces manifestations comme des outils de développement et de promotion.»
Fini les événements sportifs gérés à la petite semaine. Lors de la Coupe du monde de football de 1986 au Mexique, les journalistes avaient été contraints de terminer leur commentaire au téléphone… La Fédération internationale décide d’externaliser la radiodiffusion. Les retransmissions, désormais d’excellente qualité, dopent l’audience. L’événement sportif devient, pendant quinze jours ou trois semaines, une formidable caisse de résonance. En 1988, les JO de Séoul facilitent la transition de la Corée du Sud vers la démocratie. Organisée à Auckland en 2000 et 2003, la Coupe de l’America contribue à la notoriété de la Nouvelle-Zélande. Création de milliers d’emplois, contrats pour les sous-traitants, afflux de sponsors et de touristes, c’est une manne évaluée à 0,5% du PNB qui s’est abattue sur l’archipel.
Mais les événements sportifs ne sont pas tous des cash machines. En tennis, pléthore de petits tournois peinent à boucler leur budget. Dans le cyclisme, le Tour de Picardie et le Tour de l’Avenir perdent de l’argent. Les petits sports sont marginalisés. Drainant peu d’audience, ils n’intéressent pas les télévisions. Ni les sponsors qui, en période de crise, se concentrent sur les sports phares (football, F1, rugby, tennis). Fini le dilettantisme. Les sportifs sont des professionnels. Les organisateurs et les annonceurs aussi. Nicolas Stiel (source Challenges.fr)
Ecrit par Lucanus, le Mardi 15 Juillet 2003, 07:11 dans la rubrique "Actualité".